10/11/2004

STIB-BXL en grève

Lu dans LE SOIR du 10 novembre 2004 :
BRUXELLES

Grève partielle à la Stib

Le trafic de la STIB a été fortement perturbé tout au long de la journée, avec une forte aggravation en fin de journée. La direction espérait l'inverse. Et la CGSP refuse toujours de signer l'armistice...

Sans surprise, les chiffres présentés par la CGSP et par la direction de la Stib sur le suivi de la grève déclenchée par le syndicat socialiste divergaient ce mercredi matin. Selon les délégués, le mouvement était en général très bien suivi, en particulier dans les dépôts de Haren (bus) et de Molenbeek (trams). Du côté de la Stib, on indiquait en revanche que plus de la moitié des bus, trams et métros circulaient dans la capitale.

Selon un délégué CGSP de Haren, des chauffeurs affiliés à la CSC et au SLFP se sont joints au mouvement, suivi à 100% par les militants du syndicat socialiste. Les piquets de grève ne bloquaient toutefois pas les agents ayant décidé de travailler normalement, a-t-il précisé. Même situation au dépôt de Molenbeek où, selon un délégué CGSP, seuls 6 trams sur 40 et dix bus sur une centaine ont pris la route. Le dépôt d'Ixelles était lui aussi quasi totalement bloqué. A Delta (Auderghem), 51 bus sur 140 ont quitté le dépôt et à l'avenue du Roi (St-Gilles), environ 60% des trams circulaient.

Le son de cloche est quelque peu différent du côté de la direction. Selon la Stib, 80% des rames de métro circulent et 70% des bus sont sortis des dépôts. La situation est en revanche moins rose pour les trams: pratiquement aucune rame ne circule.

Mais cette situation peut changer très rapidement. Le seul élément positif par rapport aux grèves précédentes est que les piquets de grève du syndicat socialiste ne bloquent pas ceux qui veulent travailler, a ajouté Jean-Pierre Alvin.

La grève, décidée mardi soir par l'assemblée générale de la CGSP, est prévue pour 24 heures. Cette assemblée a voté à une très large majorité contre le protocole d'accord conclu mardi entre la direction et les délégués permanents. Ceux-ci jugent notamment insuffisante l'annonce de l'embauche de 50 conducteurs de bus d'ici la fin de l'année. Les délégués CGSP ont alors décidé de se mettre en grève dès mercredi matin dans différents dépôts de la capitale.

C'est la première fois dans l'histoire de la Stib qu'un syndicat rejette un préaccord signé, a-t-il encore dit, mettant en cause une petite minorité qui excite la majorité.

En fin de matinée, Alex Vonck, permanent de la CGSP, a indiqué que l'éventualité d'une issue au conflit social à la Stib restait incertaine. Selon lui en effet, la base du syndicat socialiste n'a pas avalisé le préaccord en raison de sa défiance persistante vis-à-vis de la direction. Aucune nouvelle grève ne sera en tout cas menée avant la prochaine assemblée générale des affiliés de la CGSP, prévue mercredi prochain. Si c'était le cas, nous ne reconnaîtrons pas ces actions, a-t-il encore déclaré.

Les syndicats chrétien et libéral signent le protocole d'accord
La direction et les représentants des syndicats chrétien et libéral de Stib ont paraphé en fin de matinée le protocole d'accord négocié en début de semaine en commission paritaire. La signature en commission paritaire aura lieu mardi prochain à 16 heures. Après avoir paraphé le texte avec les représentants de la CCSP et de la
CGSLB, le directeur-général de la Stib, Alain Flausch, entouré de l'ensemble des membres de la direction et du président du Conseil d'administration de la société a lancé un appel solennel au retour à la confiance.

Devant la presse, tout en déplorant l'action de grève surprise décidée par une assemblée de 44 délégués, il s'est dit disposé à écouter ceux qui n'ont pas l'impression de ne pas avoir été bien compris, pour autant que cela se passe dans un esprit constructif. Il a indiqué qu'une réunion serait organisée mardi en commission paritaire avec le syndicat socialiste. Le président du conseil d'administration de la Stib, Werner Daem, a précisé que la direction et le conseil d'administration voulaient rendre la confiance au personnel et il s'est porté garant de la mise en oeuvre du contenu du protocole d'accord.

Le directeur-général, Alain Flausch, a quant à lui contesté certaines informations diffusées par des délégués de la CGSP selon lesquels le problème des temps de parcours ne serait revu que sur six lignes. Hormis des mesures prévues de longue date et en cours d'application, un examen et une adpatation des temps de parcours sur de nombreuses autres lignes est prévu comme en atteste le contenu de l'annexe (Ndlr 13 lignes de bus) au protocole d'accord.

Le directeur-général a par ailleurs contesté qu'il manquerait quelque 100 personnes sur le réseau bus et 50 sur le réseau tram, des chiffres évoqués qu'il a qualifiés d'insensés. Selon lui, le cadre actuel du réseau tram est complet et il manque 32 personnes pour le réseau bus. Il a répété que la direction s'engageait à embaucher 50 chauffeurs de bus supplémentaires d'ici la fin de l'année, et que si cela s'avérait nécessaire, elle en engagerait davantage.

Alain Flausch a affirmé que la mission de la direction d'une entreprise telle que la Stib devait viser un équilibre correct entre les intérêts du personnel et ceux de ses clients. Il a reconnu qu'à un moment, ceux du personnel n'étaient peut-être plus suffisamment rencontrés. La Stib mettra dans la balance quelque 2,5 millions d'euros pour améliorer le confort de travail de son personnel, a-t-il enfin dit en substance.

Aggravation en fin de journée

Le mouvement de grève s'est étendu à l'heure de pointe de la fin d'après-midi. Selon une photographie statistique du réseau établie sur base de données de 16h30, 42 % des véhicules qui devaient circuler à cette heure étaient en service sur l'ensemble du réseau. Le réseau métro bien desservi en début de journée n'était plus assuré que par 57 % des rames prévues. Sur le réseau ferré de surface, 45 % des trams circulaient. On dénombrait enfin 40 % des bus prévus.

Si certaines lignes étaient desservies de 60 à 80 %, (métro métro 1A et 1B, 3,/23, tram 94, bus 27, 38, 43, 71, 78, et 95/96), d'autres ne l'étaient que de 10 à 20 %(trams 19, 81, 83, bus 13/14, 47/57, 48, 84, voire pas (plus) du tout (tram 56, bus 12, 22, 59 et 61).

Au cours de la conférence de presse de la direction de la STIB, mercredi-midi, le directeur-général de la société Alain Flausch avait pourtant dit son espoir de voir le réseau de surface remonter en puissance jusque vers les 70 % de fréquentation en raison du plus grand nombre prévisible d'affiliés CSC et CGSLB affectés aux services de l'après-midi. (D'après Belga)

10.11.2004, 19:00

23:18 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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